Après dix ans dans la banque, Aude – aujourd’hui recruteuse indépendante chez Achil – a choisi de tout remettre à plat. Une décision loin d’être anodine, mais guidée par un besoin profond de retrouver du sens dans son quotidien professionnel. Dans cette interview de la rubrique Les Talents D’Achil, Aude nous raconte son parcours de reconversion et comment son expérience dans le secteur bancaire l’ai aidée à devenir la recruteuse qu’elle est aujourd’hui.
Une carrière construite dans la banque
Peux-tu nous présenter ton parcours ?
“J’ai eu plusieurs vies ! J’ai commencé mes études en fac de psycho car je suis passionnée par les enfants et la psychologie. J’ai ensuite été directrice animatrice d’un centre de loisirs avant de travailler quelques mois dans un pressing. Par la suite, j’ai découvert le milieu bancaire dans lequel j’ai évolué pendant 10 ans.”
“J’ai véritablement démarré ma carrière au Crédit Mutuel en tant que conseillère pour les particuliers. J’ai ensuite appris le métier de conseiller bancaire B2B à la BNP puis j’ai évolué en tant que directrice d’une petite agence de 3 collaboratrices où j’avais un portefeuille constitué exclusivement de professionnels. J’ai ensuite pris un poste de responsable d’un pôle de chargés d’affaires. Malheureusement, le secteur a beaucoup changé avec le Covid et je ne me retrouvais plus dans les nouveaux plans stratégiques. Ce n’était plus la dimension conseil que j’aimais tant et j’avais désormais une pression commerciale extrêmement forte. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de faire un bilan de compétences et que j’ai découvert le recrutement.”
“N’ayant pas pu quitter mon entreprise avec une rupture conventionnelle, je suis passée par le dispositif démission-reconversion avec les organismes de ma région. Cela m’a permis de percevoir l’ACRE et de pouvoir me lancer sereinement.”
Une reconversion cohérente avec son parcours
Face à cette perte de sens, Aude décide de prendre du recul. Elle entame un bilan de compétences, étape clé dans sa reconversion.
“J’ai réalisé un bilan de compétences auprès d’une coach spécialisée qui est également psychologue du travail. J’ai passé trois mois très précieux avec elle, car c’était un accompagnement sur-mesure.”
Le recrutement s’impose comme une évidence, notamment parce qu’il lui permet de capitaliser sur ses compétences acquises en banque, notamment la relation client et la dimension commerciale : “J’ai exploré plein de métiers qui m’attiraient et c’est finalement le recrutement qui a le plus retenu mon attention car je souhaitais conserver une dimension commerciale. Il s’agit de vendre un poste, de s’adapter au type de client et de candidat qu’on a en face de soi, et ce sont des choses que j’ai faites pendant plusieurs années en banque.”
Le choix d’Achil : indépendance et collectif
Qu’est ce qui t’a convaincue de rejoindre Achil ?
“J’ai fait des enquêtes métiers auprès de plusieurs recruteurs pendant mon bilan de compétences… et l’un d’entre eux était Julien Muzellec, mon parrain chez Achil. Il a d’ailleurs lui aussi travaillé en banque pendant plusieurs années. C’était très enrichissant, on s’est parlés plusieurs fois et il a été très transparent sur le modèle Achil.”
Convaincue par ses échanges avec Julien, elle décide de rejoindre le collectif. Elle insiste particulièrement sur l’équilibre trouvé entre liberté et accompagnement.
“J’ai finalement décidé de rejoindre ce collectif car j’ai trouvé qu’on était sur une culture très humaine dans laquelle on a du support tout en travaillant selon ses propres règles, et ça, c’est précieux. Je travaille au rythme qui me convient et il n’y a personne pour regarder à quelle heure je suis connectée. C’est exactement ce que je cherchais : être entourée et apprendre des autres, tout en conservant mon indépendance.”
Transformer son expérience en force
Aujourd’hui, Aude recrute notamment pour des agents généraux, un univers qu’elle connaît bien grâce à son passé en banque. Cette expertise sectorielle fait toute la différence dans ses échanges.
“En banque, j’accompagnais déjà des agents généraux, ils constituaient une grande partie de ma clientèle. Aujourd’hui en tant que recruteuse, quand j’échange avec eux, je sais montrer que je connais leur quotidien, ce qui leur prend du temps, ce qui les agace et je connais leurs objectifs.”
Cette connaissance du marché lui permet de créer rapidement un lien de confiance avec ses clients : “Je connais aussi leurs termes techniques et ça les rassure, je pense que c’est ma plus grande force. J’ai échangé avec un agent général il y a quelques semaines, elle m’a dit qu’elle travaillait déjà avec plusieurs recruteurs mais que j’étais la seule à connaître aussi bien le secteur. Elle a donc décidé de travailler exclusivement avec moi.”
“Le fait d’avoir travaillé en banque, où le rythme est effréné, me permet aussi d’avoir une bonne réactivité.”
Un marché complexe et exigeant
Recruter pour des agents généraux : les difficultés en 2026
Le recrutement dans ce secteur comporte néanmoins plusieurs défis importants, qu’Aude identifie clairement : “Déjà, on est en concurrence avec les banques. Donc, la première difficulté c’est qu’on a des candidats qui attendent des avantages qui sont impossibles à obtenir parce qu’ils sont habitués à avoir ces conditions en banque et ce sont des choses qui n’existent que là-bas.”
Elle souligne également la difficulté à capter des profils peu visibles : “La deuxième difficulté c’est que les candidats postulent très peu donc je fais énormément de chasse, et le sourcing est d’autant plus compliqué que ce sont des profils qui ne sont pas forcément actifs sur LinkedIn. Beaucoup ne connaissent pas le fonctionnement des chasseurs de têtes, donc ils ne les contactent pas quand ils sont à l’écoute, et il faut aller les chercher.”
Enfin, elle évoque les attentes parfois élevées des clients et justifie leurs exigences par l’enjeu financier que représente une erreur de recrutement pour les agents généraux.
“Les agents généraux sont particulièrement soucieux de trouver le bon profil à cause du coût que représente une erreur de casting. Le budget du recrutement provient de ses fonds personnels. C’est-à-dire que quand il va recruter quelqu’un, il va diminuer son bénéfice sur sa société pour pouvoir le payer. En plus de la dimension pécuniaire, l’enjeu est grand pour les agents généraux car ils ne recrutent que très peu. Un agent, en moyenne, va avoir quatre collaborateurs dont il va ouvrir 1 à 2 postes dans l’année, puis il va de nouveau recruter peut-être trois ans après. C’est justement à cause de ces enjeux que le lien qu’on a avec lui est très important, parce qu’il nous fait confiance.”
Une transformation personnelle forte
Un changement intégral de quotidien
Au-delà du métier, c’est toute sa vie qui a changé depuis son passage à l’indépendance. À la question “Qu’est ce qui a changé dans ton quotidien depuis que tu es recruteuse indépendante ?”, Aude répond : “Tout ! Quand j’ai démarré, je disais toujours que j’avais l’impression de présenter Aude à Aude, j’avais l’impression de ne pas me connaître et d’avoir un syndrome de l’imposteur.”
Progressivement, elle trouve son équilibre et s’autorise à être pleinement elle-même : “Ce qui a changé, c’est que je n’ai plus de masque social, et ça c’est hyper libérateur. Je suis moi, en fait, quoi qu’il arrive.”
Elle évoque aussi un meilleur équilibre de vie.
“Aujourd’hui, j’ai le temps de vivre et de profiter de mes enfants, de faire du sport … La vie d’indépendante a bien sûr son lot de difficultés, mais je me sens bien plus alignée avec moi-même depuis ma reconversion.”
Les conseils d’Aude
Quel conseil tu pourrais donner à quelqu’un qui souhaite entamer une reconversion ?
Avec le recul, Aude partage un conseil clé pour celles et ceux qui envisagent une reconversion. “Mon conseil ce serait : n’écoute pas les gens qui ne sont pas là où tu as envie d’être. Parce que quand tu fais une reconversion, c’est complètement normal de douter. C’est même bon signe.”
Elle insiste sur l’importance de se protéger des projections extérieures.
“Il y a toujours des personnes qui vont projeter leurs propres insécurités sur ton projet de reconversion, et t’ajouter des craintes supplémentaires. On peut en parler autour de soi bien sûr, mais il faut bien choisir le moment. Selon moi, au moment où tu en parles, c’est que tu es sûr de toi et que tu n’attends aucune validation.”
Et pour réussir dans le recrutement ?
Elle livre sa vision du métier et de la progression dans le recrutement : “Choisis bien tes alliés… il faut d’abord écouter et agir après. C’est important d’écouter les gens qui sont dans le métier depuis longtemps, mais n’essaie pas de copier une méthode.”
Elle met également en garde contre un piège fréquent : “À chaque fois que je n’ai pas réussi quelque chose, c’est quand j’ai essayé de calquer une méthode.”
“S’imprégner, prendre du recul, itérer mais toujours travailler avec sa propre patte. Aussi, ne pas trop se poser de questions avant d’y aller. Je pense que notre authenticité et notre naïveté dans le recrutement lorsqu’on débute, c’est ce qui fait aussi notre force.”
Une reconversion qui change tout
Avec le recul, Aude voit cette transition comme bien plus qu’un simple changement de métier.
À la question “Qu’est ce que cette reconversion t’a apporté ?”, Aude répond : “Absolument tout. Et je dirais même que ce n’est pas uniquement le fait d’avoir opéré un changement de profession qui a changé ma vie, c’est aussi le fait d’avoir choisi de le faire avec Achil. Aujourd’hui, je suis 100% alignée avec moi-même, bien dans mes baskets, et ça a tout changé.”
