Pendant longtemps, recruter un dirigeant suivait un schéma relativement simple. Une entreprise diffusait une annonce, recevait plusieurs candidatures, organisait quelques entretiens et choisissait le profil le plus convaincant.

Aujourd’hui, cette méthode fonctionne de moins en moins. Non pas parce que les entreprises recrutent moins mais parce que les meilleurs dirigeants ne cherchent plus nécessairement un emploi. Ils dirigent déjà une entreprise, pilotent une business unit ou occupent un poste stratégique dans une organisation concurrente. Ils ne consultent pas les sites d’emploi et n’envoient pas leur CV.

La chasse de tête de dirigeants consiste justement à aller chercher les profils qui ne candidatent pas spontanément, mais toutes les entreprises n’en ont pas besoin. Alors, dans quels cas la chasse de tête devient-elle réellement indispensable ? C’est ce que nous allons. voir dans cet article, à travers 8 situations concrètes.

Qu’est-ce que la chasse de tête de dirigeants ?

Avant tout, une définition s’impose. La chasse de tête de dirigeants est une méthode de recrutement fondée sur l’approche directe. Au lieu d’attendre que des candidats répondent à une offre, le cabinet identifie les profils les plus pertinents sur le marché puis les contacte de manière ciblée et confidentielle.

Cette approche est principalement utilisée pour recruter :

  • un directeur général,
  • un CEO,
  • un directeur commercial,
  • un directeur financier,
  • un DRH,
  • un COO,
  • un CTO,
  • un directeur industriel,
  • un membre du COMEX ou du CODIR.

L’objectif n’est pas simplement de trouver un candidat disponible mais d’identifier la personne la plus capable d’accompagner les ambitions de l’entreprise. Découvrez maintenant les 8 cas où la chasse de tête n’est plus une option.

Les 8 situations dans lesquelles la chasse de tête est parfaitement indiquée

Situation n°1 : Vous devez remplacer discrètement un dirigeant

C’est probablement le cas le plus évident.

Votre directeur général est encore en poste, votre directeur commercial va quitter l’entreprise dans quelques mois ou vous préparez une réorganisation qui ne peut pas être rendue publique.

Ici, diffuser une annonce présenterait plusieurs risques comme inquiéter les collaborateurs, alerter les concurrents, fragiliser le dirigeant concerné et créer des tensions auprès des clients ou partenaires.

La chasse de tête permet de mener la recherche avec un niveau élevé de confidentialité. Les candidats sont approchés individuellement, sans communication publique sur l’identité de l’entreprise tant que cela reste nécessaire.

Situation n°2 : Votre annonce attire beaucoup de CV… mais aucun dirigeant adapté

C’est également une situation fréquente.

Vous recevez cinquante candidatures mais aucune ne correspond réellement au niveau attendu. Les candidats possèdent une partie des compétences, certains ont occupé des fonctions proches mais ils n’ont jamais dirigé une organisation comparable.

Le problème ne vient pas toujours de votre annonce mais souvent du marché. En effet, les dirigeants les plus expérimentés ne recherchent pas activement un poste. Ils ne verront donc jamais votre offre. Lorsque plusieurs semaines passent sans shortlist convaincante, continuer à publier la même annonce produit rarement un résultat différent.

Situation n°3 : Le candidat idéal est probablement déjà en poste

Les meilleurs dirigeants changent rarement d’entreprise par hasard. Ils sont sollicités, bien rémunérés, impliqués dans des projets stratégiques… Pourquoi est-ce qu’ils consulteraient les plateformes d’emploi chaque semaine ?

Si votre futur directeur général dirige déjà une PME concurrente ou pilote une business unit dans un grand groupe, vous devrez probablement aller le chercher. Bonne nouvelle, c’est précisément le rôle d’un cabinet de chasse de tête. Son travail consiste à cartographier le marché, identifier les profils pertinents et engager une discussion confidentielle avec eux.

Situation n°4 : Votre entreprise change d’échelle

Tous les dirigeants ne réussissent pas dans tous les contextes (c’est d’ailleurs valable pour tous les postes, dans tous les secteurs d’activité). Le DG qui a parfaitement piloté une entreprise de cinquante collaborateurs n’est pas forcément la bonne personne pour en diriger trois cents. À l’inverse, un dirigeant issu d’un grand groupe peut rencontrer des difficultés dans une PME où les décisions sont rapides et les ressources limitées.

La chasse de tête devient particulièrement pertinente lorsque l’entreprise franchit une étape majeure comme une levée de fonds, une croissance externe, une ouverture à l’international, un changement de gouvernance ou encore un passage de PME à ETI.

Dans ces moments de transition, il est souvent nécessaire de rechercher un profil ayant déjà accompagné une entreprise dans une phase comparable.

Situation n°5 : Vous recrutez un membre stratégique du COMEX

Tous les recrutements n’ont pas le même niveau de risque. Une erreur sur un poste très opérationnel reste généralement limitée mais une erreur au sein du comité exécutif peut avoir des conséquences beaucoup plus importantes.

Les membres du COMEX participent aux décisions qui engagent durablement l’entreprise :

  • investissements,
  • organisation,
  • développement international,
  • acquisitions,
  • politique RH,
  • transformation digitale.

Leur recrutement nécessite une évaluation beaucoup plus approfondie que celle d’un cadre classique car ici, l’expérience ne suffit pas. Le leadership, la capacité d’influence et l’adéquation avec la gouvernance deviennent tout aussi importants.

Situation n°6 : Vous recherchez un profil extrêmement rare

Certaines fonctions combinent plusieurs niveaux d’exigence. Par exemple :

  • un directeur industriel maîtrisant un procédé spécifique,
  • un CFO ayant déjà accompagné plusieurs levées de fonds,
  • un DG connaissant parfaitement un secteur réglementé,
  • un dirigeant bilingue capable de piloter une expansion internationale.

Dans ces situations, le nombre de candidats réellement pertinents est particulièrement limité. Attendre des candidatures spontanées revient souvent à attendre un profil qui ne postulera jamais. C’est là que la chasse de tête entre en jeu.

Situation n°7 : Une erreur de recrutement aurait des conséquences majeures

Le coût d’un mauvais recrutement ne se limite jamais au salaire versé. Pour un dirigeant, les conséquences peuvent être considérables. Un mauvais choix peut entraîner le départ de collaborateurs clés, une perte de confiance des investisseurs, des tensions au sein du comité de direction, des décisions stratégiques inadaptées, des projets retardés et naturellement une baisse de performance durable. Plus le poste est stratégique, plus le coût d’une erreur dépasse largement le coût d’une mission de chasse de tête.

Dans ce contexte, l’objectif n’est plus seulement de recruter. Il est de sécuriser la décision.

Situation n°8 : Votre comité de direction manque de temps pour recruter

C’est la dernière situation concrète majeure. Le recrutement d’un dirigeant demande beaucoup plus de temps qu’on ne l’imagine.

  • Définition du mandat,
  • Cartographie du marché,
  • Approche des candidats,
  • Entretiens,
  • Prises de références,
  • Échanges avec les actionnaires,
  • Négociation,
  • Intégration.

Une mission peut mobiliser plusieurs dizaines d’heures de travail réparties sur plusieurs mois. Or les dirigeants qui recrutent un directeur général, un CFO ou un COO sont précisément ceux qui disposent du moins de temps. Confier cette mission à un cabinet spécialisé permet au comité de direction de rester concentré sur le pilotage de l’entreprise tout en conservant la maîtrise des décisions finales.

Toutes les entreprises ont-elles besoin de la chasse de tête ?

La réponse est non ! Pour de nombreux recrutements, une annonce bien rédigée, un réseau professionnel actif et un processus de sélection rigoureux suffisent. La chasse de tête devient pertinente lorsque plusieurs critères sont réunis :

  • le poste est stratégique,
  • les candidats sont rares,
  • le recrutement est confidentiel,
  • les meilleurs profils sont déjà en poste,
  • une erreur aurait un impact majeur,
  • le processus nécessite une approche personnalisée.

Auto-diagnostic : votre recrutement nécessite-t-il une chasse de tête ?

Répondez oui ou non aux affirmations suivantes.

  • Le poste concerne un membre du COMEX ou un dirigeant.
  • Les meilleurs candidats sont probablement déjà en poste.
  • Le recrutement doit rester confidentiel.
  • Votre annonce n’a pas permis d’identifier de profils convaincants.
  • Une erreur de recrutement aurait un impact majeur sur votre entreprise.
  • Vous recherchez un profil particulièrement rare ou pénurique.
  • Votre entreprise traverse une phase de transformation importante.
  • Votre comité de direction manque de temps pour piloter lui-même la recherche.

Vous avez répondu “oui” à 0 à 2 questions ?

Un recrutement classique est probablement suffisant.

Vous avez répondu “oui” à 3 à 5 questions ?

Une approche mixte (annonce + approche directe) mérite d’être envisagée.

Vous avez répondu “oui” à 6 questions ou plus ?

Votre recrutement relève très probablement d’une mission de chasse de tête.

Chez Achil Executive Search, nous accompagnons les entreprises dans le recrutement de leurs dirigeants et cadres exécutifs.

Chaque mission débute par une compréhension approfondie de votre contexte, de vos enjeux de gouvernance et des objectifs confiés au futur dirigeant. Nos consultants construisent ensuite une stratégie de recherche sur mesure, identifient les profils les plus pertinents grâce à l’approche directe et réalisent une évaluation approfondie des candidats avant la présentation d’une shortlist.

Notre objectif n’est pas de recruter le plus rapidement possible mais d’identifier le dirigeant qui créera de la valeur pour votre entreprise sur le long terme.

La bonne question n’est pas « Faut-il faire de la chasse de tête ? »

La véritable question est plutôt : Votre recrutement peut-il encore être résolu par une simple annonce ?

Si les candidats que vous recherchez sont déjà en poste, si le recrutement est confidentiel, si les enjeux sont stratégiques ou si une erreur aurait un coût important, l’approche directe devient souvent la solution la plus efficace.

La chasse de tête n’est pas une méthode réservée aux grands groupes. C’est un levier de sécurisation des recrutements lorsque le poste est trop important pour laisser une place au hasard.

Vos questions supplémentaires

La chasse de tête est-elle réservée aux grandes entreprises ?

Non. Les PME et les ETI y ont régulièrement recours lorsqu’elles recrutent un directeur général, un membre du COMEX ou un expert stratégique. Ce n’est pas la taille de l’entreprise qui justifie une chasse de tête, mais la difficulté et l’importance du recrutement.

Peut-on lancer une chasse de tête après l’échec d’une annonce ?

Oui. C’est même l’un des scénarios les plus fréquents. Lorsqu’une annonce attire peu de candidatures qualifiées ou ne permet pas d’identifier le bon profil, l’approche directe permet d’élargir la recherche à des dirigeants qui ne sont pas en recherche active.

La chasse de tête fonctionne-t-elle pour une PME qui n’est pas très connue ?

Oui, à condition de construire un projet attractif. Les dirigeants ne rejoignent pas uniquement une marque employeur : ils évaluent aussi les ambitions de l’entreprise, son potentiel de développement, sa gouvernance et la marge de manœuvre qui leur sera confiée.

Peut-on recruter un dirigeant dans un autre secteur ?

Souvent oui. Certaines compétences de direction sont transférables d’un secteur à l’autre. Tout dépend du contexte : une entreprise qui cherche à transformer son organisation peut avoir intérêt à recruter un dirigeant apportant un regard neuf, tandis qu’un environnement très réglementé nécessitera davantage d’expérience sectorielle.

Combien de dirigeants sont généralement approchés lors d’une mission ?

Il n’existe pas de nombre standard. Une mission commence par une cartographie du marché afin d’identifier l’ensemble des profils potentiellement pertinents. Tous ne seront pas contactés ou intéressés, mais cette démarche permet de constituer une shortlist composée des candidats les plus adaptés au mandat.

Une chasse de tête garantit-elle de trouver le bon candidat ?

Aucun cabinet ne peut garantir un recrutement, méfiez-vous si tel est le cas. En revanche, une mission de chasse de tête augmente significativement les chances d’identifier les meilleurs profils disponibles, y compris ceux qui ne répondent jamais aux annonces. Elle permet également de sécuriser l’évaluation grâce à une méthodologie structurée et à des prises de références approfondies.

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